Persona AI cherche un vrai métier pour ses robots : soudeur naval

Persona AI, start-up fondée par un ancien de la NASA et l'ex-CTO de Figure, veut faire souder des coques de navires par ses robots humanoïdes plutôt que les faire danser sur YouTube. Un pari inattendu : viser un métier précis, physiquement ingrat, mais déjà rentable — la soudure dans les chanti

Persona AI cherche un vrai métier pour ses robots : soudeur naval

Persona AI cherche un vrai métier pour ses robots : soudeur naval

Persona AI, start-up fondée par un ancien de la NASA et l'ex-CTO de Figure, veut faire souder des coques de navires par ses robots humanoïdes plutôt que les faire danser sur YouTube. Un pari inattendu : viser un métier précis, physiquement ingrat, mais déjà rentable — la soudure dans les chantiers navals. Et un clin d'œil à l'histoire, puisque souder fut aussi le tout premier boulot confié à un robot industriel, dans les années 60.

En ce moment, les humanoïdes ont surtout un talent : générer des vues. On les voit plier du linge avec application, servir un café avec un timing suspect, ou marcher en forêt façon randonnée du dimanche. Ce sont d'excellents acteurs de démo. Mais quand on demande ce qu'ils font réellement pour gagner leur croûte, la réponse tient souvent en un haussement d'épaules. Persona AI, jeune pousse américaine, prend le contre-pied de cette débauche promotionnelle. Son idée : arrêter de vouloir tout faire, choisir une tâche difficile mais bornée, et la faire vraiment bien. En l'occurrence, souder des tôles épaisses dans les chantiers navals.

Pourquoi la soudure navale, et pas un entrepôt Amazon ?

À première vue, l'entrepôt logistique semble la voie royale : environnement plat, tâches répétitives, gros volumes. Sauf que la concurrence y est déjà féroce, entre bras robotisés spécialisés et AMR de toutes tailles. La soudure de coques, elle, coche des cases plus intéressantes. C'est un métier pénible — chaleur, fumées, positions inconfortables, projections — où la pénurie de main-d'œuvre qualifiée est structurelle, surtout aux États-Unis et en Corée du Sud, deux pays où Persona compte des partenaires industriels (dont Hyundai, HD Hyundai et Vazil Company). C'est aussi un travail où l'erreur coûte cher : une soudure ratée sur une coque de navire, ce n'est pas exactement une rayure sur une portière.

Nic Radford, cofondateur de Persona, a piloté le programme Valkyrie à la NASA — un humanoïde conçu pour opérer dans des environnements hostiles. Son associé Jerry Pratt fut CTO de Figure, l'un des poids lourds actuels du secteur. Autrement dit, ces gens savent ce qu'un humanoïde peut faire, et surtout ce qu'il ne sait pas encore faire. Leur choix de la soudure n'a rien d'un caprice romantique : c'est une tâche où un robot maladroit reste utile, parce que la précision demandée est mécanique avant d'être cognitive. Le geste est complexe, mais il est répétable. Et surtout, le client est prêt à payer.

La soudure, premier métier historique d'un robot ?

Petite madeleine industrielle : Unimate, considéré comme le tout premier robot industriel, a été installé chez General Motors en 1961 pour manipuler des pièces de fonderie, avant d'être rapidement mis à souder par points sur les chaînes de montage automobile. Depuis, la soudure est devenue le terrain de jeu par excellence des bras robotisés fixes. Que les humanoïdes viennent maintenant s'y frotter à leur tour a quelque chose d'un retour aux sources — mais avec une différence de taille : là où le bras Unimate travaillait dans une cage, boulonné au sol, l'humanoïde de Persona est censé se déplacer dans un chantier naval, monter sur des passerelles, se glisser dans des sections de coque. Bref, faire ce qu'un bras industriel classique ne peut absolument pas faire.

C'est là que le pari devient intéressant. Beaucoup de start-up de la robotique humanoïde vendent une promesse générique : un travailleur universel qui remplacera l'humain partout. Persona vend l'inverse — un spécialiste qui remplace l'humain là où l'humain ne veut plus aller. Approche moins sexy, sans doute plus solide. Comme le résume à peu près l'esprit de la maison : mieux vaut un robot qui sait faire une chose rentable qu'un robot qui sait presque faire cent choses.

Est-ce que ça va marcher ? La soudure en environnement réel implique de composer avec des pièces qui ne sont jamais tout à fait identiques, des supports imparfaits, des reflets, des projections. Les démonstrations en laboratoire ne préjugent de rien. Mais si Persona parvient à livrer un humanoïde qui tient une cadence acceptable dans un chantier coréen, l'industrie aura un précédent concret — pas une bande démo, un contrat signé. Et ça, dans un secteur saturé de vidéos virales, ce serait presque révolutionnaire.

Et vous, vous préférez un humanoïde bon à tout ou excellent à une seule chose ?


Source : https://spectrum.ieee.org/persona-ai-humanoid-robot-welding

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