À Gatwick, un robot voiturier gare votre voiture pendant que vous prenez l'avion
À l'aéroport de Londres Gatwick, la société française Stanley Robotics déploie cet été un service de voiturier entièrement robotisé, une première dans un aéroport britannique. Vous laissez la voiture dans une cabine, un robot autonome s'occupe de la ranger — et il le fait mieux que vous.
À Gatwick, un robot voiturier gare votre voiture pendant que vous prenez l'avion
À l'aéroport de Londres Gatwick, la société française Stanley Robotics déploie cet été un service de voiturier entièrement robotisé, une première dans un aéroport britannique. Vous laissez la voiture dans une cabine, un robot autonome s'occupe de la ranger — et il le fait mieux que vous.
L'expérience du parking d'aéroport tient souvent du sport de combat : tourner en rond au niveau -3, viser un créneau conçu pour une Twingo alors qu'on conduit un SUV, puis prier pour retrouver sa voiture au retour de vacances. Stanley Robotics, jeune pousse française déjà connue pour ses déploiements à Lyon-Saint-Exupéry et Paris-Charles-de-Gaulle, propose une alternative aussi radicale que logique : ne plus laisser les humains stationner du tout. À Gatwick, deuxième aéroport le plus fréquenté du Royaume-Uni, la société lance cet été son service Stan, et c'est la première fois qu'un aéroport britannique confie ses parkings à une flotte de robots.
Comment un robot peut-il garer votre voiture mieux que vous ?
Le principe est d'une simplicité désarmante côté utilisateur. Vous arrivez, vous rentrez dans une cabine sécurisée qui ressemble à un grand box fermé, vous coupez le moteur, vous validez votre vol sur une borne tactile, vous ressortez. À partir de là, plus besoin de vous soucier de rien : un robot autonome glisse sous la voiture, la soulève comme un chariot élévateur particulièrement délicat, et l'emmène dans la zone de stockage. Aucune clé à confier, aucune manipulation du véhicule à l'intérieur — le robot ne conduit pas votre voiture, il la porte.
C'est ce détail technique qui change tout. Comme personne n'a besoin d'ouvrir une portière une fois la voiture rangée, le robot peut coller les véhicules bien plus près les uns des autres qu'un parking traditionnel. Stanley Robotics annonce jusqu'à 50 % de capacité supplémentaire sur une même surface, selon les configurations. À l'échelle d'un aéroport, ça n'est pas un détail cosmétique : c'est potentiellement des milliers de places gagnées sans couler un mètre cube de béton en plus.
L'algorithme optimise également le placement en fonction de votre date de retour. Les voitures qui reviennent tôt sont mises devant, celles qui partent pour trois semaines au fond. Résultat : quand vous atterrissez, votre véhicule est déjà prêt, ramené dans une cabine de retour, propre et sans mystère. Fini le tour du parking à cliquer nerveusement sur la télécommande en espérant voir clignoter une lumière au loin.
Pourquoi Gatwick, et pourquoi maintenant ?
Le choix de Gatwick n'a rien d'anecdotique. L'aéroport gère plus de 40 millions de passagers par an et fait face au dilemme classique des grandes plateformes : la demande de stationnement explose, mais l'espace foncier autour des pistes, lui, est fini. Construire un nouveau parking silo coûte cher, prend des années et se heurte à des contraintes environnementales de plus en plus serrées. Densifier l'existant avec des robots est, sur le papier, bien plus rapide à déployer.
Stanley Robotics n'en est pas à son coup d'essai. La société lyonnaise a commencé son aventure à Lyon-Saint-Exupéry dès 2015, avec un premier robot prénommé Stan, avant de s'installer à Roissy en 2019 puis dans plusieurs aéroports européens. Gatwick marque cependant une étape symbolique : le premier client britannique, sur un marché où les questions de réglementation post-Brexit auraient pu compliquer les choses.
Reste que tout n'est pas magique. Le service reste réservé aux véhicules dont les dimensions entrent dans les cabines. Les propriétaires de pick-ups XXL ou de fourgons aménagés devront continuer à se garer eux-mêmes. Et il faudra voir, à l'usage, comment la flotte encaisse les pics de départs en vacances scolaires, quand des centaines de voyageurs déboulent en même temps.
Il y a quelque chose d'assez satisfaisant, intellectuellement, dans cette histoire : plutôt que d'ajouter une couche d'IA à une tâche complexe, Stanley Robotics résout un problème du quotidien avec de la robotique physique, discrète, presque ennuyeuse au bon sens du terme. Pas de démonstration spectaculaire, pas de robot humanoïde qui vient vous serrer la main. Juste une plateforme roulante qui prend votre Clio et la range mieux que vous. C'est peut-être ça, finalement, la robotique qui va vraiment s'installer dans nos vies : celle qu'on remarque à peine.
Et toi, tu confierais ta voiture à un robot le temps d'un week-end à Barcelone ?
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Demain.robots est édité par Guérin Robotics, intégrateur robotique de service pour les entreprises.