Un robot va-t-il bientôt limer vos dents ?

Des chercheurs de l'Université de Bâle ont mis au point un mini-robot capable de tailler une dent abîmée pour y poser une couronne, une opération qui exige aujourd'hui plusieurs rendez-vous chez le dentiste. Le prototype promet de condenser tout ça en une seule séance — à condition de sortir un

Un robot va-t-il bientôt limer vos dents ?

Un robot va-t-il bientôt limer vos dents ?

Des chercheurs de l'Université de Bâle ont mis au point un mini-robot capable de tailler une dent abîmée pour y poser une couronne, une opération qui exige aujourd'hui plusieurs rendez-vous chez le dentiste. Le prototype promet de condenser tout ça en une seule séance — à condition de sortir un jour du laboratoire.

Il y a des phrases qu'on n'imaginait pas écrire en 2024. « J'ai laissé un robot me limer une molaire » en fait clairement partie. Et pourtant, c'est bien la direction que prennent des travaux menés à l'Université de Bâle, en Suisse, où une équipe de chercheurs développe un mini-robot chirurgical destiné à préparer une dent pour recevoir une couronne. Rien de moins que l'un des gestes les plus délicats — et les plus chronophages — de la dentisterie moderne.

Pour rappel aux chanceux qui n'y sont jamais passés : une couronne, c'est ce petit capuchon en céramique ou en métal qu'on pose sur une dent trop attaquée par une carie ou fracturée. Avant de la fixer, il faut tailler la dent existante à la forme exacte du futur capuchon. Un travail d'orfèvre, réalisé aujourd'hui à main levée, avec une fraise qui tourne à plusieurs dizaines de milliers de tours par minute à quelques millimètres d'un nerf. Autant dire qu'une main un peu trop tremblante n'est pas franchement souhaitable.

Pourquoi confier ce geste à une machine ?

L'idée des chercheurs bâlois est simple : un robot ne tremble pas, ne fatigue pas, et peut travailler avec une précision sub-millimétrique. En automatisant la phase de taille, on gagnerait en régularité — chaque couronne s'ajustant parfaitement à la dent préparée — mais surtout, on pourrait tout faire dans la foulée. Aujourd'hui, un patient enchaîne souvent trois rendez-vous : une première visite pour tailler la dent et prendre une empreinte, une deuxième pour poser une couronne provisoire en attendant que le laboratoire fabrique la définitive, puis une troisième pour la pose finale.

Avec un robot capable de tailler rapidement et une couronne usinée sur place (technologie qui existe déjà, type CEREC), le scénario devient très différent :

Aujourd'hui Avec le prototype
2 à 3 rendez-vous 1 séance
Couronne provisoire à supporter Couronne définitive posée directement
Précision variable selon le praticien Taille standardisée par le robot

Sur le papier, c'est séduisant. Dans la pratique, on n'y est pas encore.

Faut-il déjà s'inquiéter (ou se réjouir) ?

Ne rangez pas tout de suite votre dentiste habituel au rayon des espèces menacées. Le projet bâlois est un prototype de laboratoire, ce qui, en langage feutré de la recherche, signifie qu'il faudra encore de nombreuses années — et probablement une bonne dose de validation clinique, d'homologation réglementaire et de bataille avec les assurances — avant qu'un tel dispositif s'installe dans un cabinet de quartier. La robotique médicale avance, mais elle avance prudemment, ce qui est plutôt une bonne nouvelle quand on parle d'engins qui tournent dans une bouche ouverte.

Pour l'instant, la robotique dentaire existe déjà à la marge : Yomi, un système américain approuvé par la FDA, assiste les chirurgiens dans la pose d'implants depuis 2017. Mais on parle là d'un bras robotisé « guidé » par le praticien, pas d'un automate autonome. Le projet suisse, lui, vise clairement une automatisation plus poussée du geste — ce qui pose au passage la question de la responsabilité en cas de pépin. Si le robot dérape, qui trinque : le fabricant, le dentiste superviseur, l'algorithme ?

Ces questions sont loin d'être théoriques. Elles se posent déjà pour la chirurgie robotisée dans d'autres spécialités, et le secteur dentaire va devoir y répondre à son tour. Ce qui rend le projet intéressant, ce n'est pas seulement la prouesse technique — un robot précis dans une bouche, ce n'est pas rien — c'est aussi ce qu'il annonce : une redéfinition progressive du rôle du praticien, qui deviendrait davantage superviseur et diagnosticien qu'exécutant du geste technique.

Reste que la promesse d'une seule séance au lieu de trois a de quoi séduire à peu près n'importe qui a déjà passé une heure la bouche ouverte sous un néon. Si le prototype bâlois tient ses promesses, il pourrait, à terme, transformer un rituel redouté en formalité expédiée. À terme, hein. On répète : prototype. Patience.

Et vous, vous laisseriez un robot vous tailler une molaire, ou vous préférez encore la main humaine (même quand elle tremble un peu) ?


Source : https://robohub.org/a-mini-robot-to-simplify-dental-treatment/

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Demain.robots est édité par Guérin Robotics, intégrateur robotique de service : surveillance autonome pour entrepôts, sites industriels et grandes surfaces.