Ce robot vole, plonge, nage et redécolle avec une seule paire d'ailes
Des chercheurs du MIT et de l'EPFL ont mis au point le premier robot à l'échelle d'un oiseau capable de voler, plonger sous l'eau, nager, puis redécoller — le tout avec une unique paire d'ailes, sans hélice ni mécanisme de transformation. Une prouesse de biomimétisme qui pourrait changer la faç
Ce robot vole, plonge, nage et redécolle avec une seule paire d'ailes
Des chercheurs du MIT et de l'EPFL ont mis au point le premier robot à l'échelle d'un oiseau capable de voler, plonger sous l'eau, nager, puis redécoller — le tout avec une unique paire d'ailes, sans hélice ni mécanisme de transformation. Une prouesse de biomimétisme qui pourrait changer la façon dont on surveille les océans.
Voler, on sait faire. Nager, aussi. Mais passer de l'un à l'autre en douceur, sans qu'un ingénieur ait rajouté trois moteurs, deux hélices repliables et un système hydraulique digne d'un Transformers, ça restait le graal de la robotique bio-inspirée. Une équipe conjointe du MIT et de l'École polytechnique fédérale de Lausanne vient de cocher la case. Leur machine, à peine plus grosse qu'un oiseau, enchaîne le vol, le piqué dans l'eau, la nage subaquatique et le redécollage avec un seul et même jeu d'ailes battantes.
Pourquoi copier l'oiseau plongeur plutôt que le drone ?
Parce que la nature l'a déjà fait, et plutôt bien. Les guillemots, macareux et autres fous de Bassan passent leur vie à jongler entre deux fluides très différents — l'air, environ 800 fois moins dense que l'eau — et ils y parviennent avec la même paire d'ailes. Battements amples et rapides dans le ciel, mouvements plus lents et puissants sous la surface : c'est la fréquence et l'amplitude qui changent, pas l'anatomie.
C'est exactement cette logique que les chercheurs ont voulu reproduire. Résultat : pas d'hélice à ranger avant de plonger, pas de pattes palmées à déployer, pas de mécanisme d'origami qui replierait les ailes façon couteau suisse. Une seule structure, deux régimes de fonctionnement. Cette économie mécanique n'est pas qu'une élégance d'ingénieur : moins de pièces mobiles, c'est moins de risques de panne, moins de poids, et un robot qui reste léger — condition non négociable quand on veut décoller depuis l'eau, l'un des passages les plus délicats de tout l'exercice.
Car c'est bien là que la plupart des projets amphibies précédents calaient. Plonger, à la limite, c'est facile : la gravité aide. Nager sous l'eau, c'est de l'ingénierie classique. Mais s'arracher à la surface après avoir été immergé, avec des ailes trempées et un corps qui pèse soudain beaucoup plus lourd que dans l'air ? C'est là que 99 % des prototypes se contentent d'un bain sans retour.
À quoi ça sert concrètement ?
À explorer là où voler seul ne suffit plus, et où nager seul prend trop de temps. Les zones côtières, les récifs, les estuaires, les plateformes offshore : autant d'environnements où passer rapidement d'un élément à l'autre change tout. Un drone classique ne peut que survoler la surface. Un robot sous-marin doit être déposé puis récupéré depuis un bateau. Un engin hybride, lui, peut inspecter une plateforme pétrolière, plonger vérifier une soudure immergée, puis repartir vers le point suivant. Sans opérateur, sans navire, sans embarras.
Les applications potentielles ne manquent pas :
- surveillance de la biodiversité marine, notamment dans les zones peu profondes où les sous-marins traditionnels manœuvrent mal
- suivi de la pollution en temps réel, avec prélèvements ponctuels sur de larges zones
- inspection d'infrastructures offshore (éoliennes flottantes, câbles sous-marins)
- missions de recherche et sauvetage en milieu côtier
- collecte de données océanographiques dans des régions difficiles d'accès
Reste à voir combien de temps cette bestiole peut tenir en autonomie réelle, avec ses capteurs embarqués et un budget énergétique qui doit forcément être serré. Le laboratoire est un environnement clément ; l'océan, beaucoup moins. La houle, la salinité, les courants, le froid : autant de variables absentes des vidéos de démonstration mais qui décident, dans la vraie vie, de la viabilité d'un projet.
Ce genre de robot ne remplacera ni les drones aériens ni les AUV (autonomous underwater vehicles) sur leurs terrains de prédilection. En revanche, il ouvre une niche qui n'existait pas vraiment : celle des missions courtes multi-milieux, où l'agilité prime sur l'endurance. Et surtout, il rappelle une leçon que la robotique redécouvre régulièrement : quand un ingénieur bloque, il suffit souvent de regarder ce que fait un animal depuis quelques millions d'années. Les macareux n'ont pas de brevet. Tant mieux pour nous.
Robot amphibie inspiré du vivant : vraie révolution utile ou joli exercice de style ?
Source : https://newatlas.com/robotics/first-bird-robot-swim-dive-launch-mit-epfl/
À lire aussi
- Cette main robotique peut savoir quand le fruit est mûr
- 15 000 humanoïdes sortis d'usine : Agibot accélère, et ça donne le vertige
- Métiers et IA : les 10 qui disparaissent, les 3 qui résistent et ceux qui n'existaient pas encore
Demain.robots est édité par Guérin Robotics. Découvrez le Briard, robot de surveillance autonome pour les professionnels.